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Publié lundi 31 mars 2014 08:29 2826 Lectures

Gâteaux traditionnels : un commerce qui fait florès

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Alors qu’ils étaient exclusivement préparés à la maison, à la veille de chaque événement familial, aujourd’hui, la confection des gâteaux traditionnels est confiée aux halwadjiate.

Elément incontournable de toute célébration (Aïd, mariages, fiançailles, soirées ramadhanesques,…), le gâteau traditionnel était jadis l’occasion pour beaucoup de femmes de se retrouver pour s’entraider, échanger recettes et savoir-faire mais surtout partager un moment de convivialité. De nos jours, beaucoup de femmes dérogent à cette tradition, préférant recourir aux services des halwadjiate, de plus en plus nombreuses à travailler dans le formel et l’informel.

Témoignages

Naïma, la quarantaine, est maman de quatre enfants. Lorsqu’elle était adolescente, elle adorait l’ambiance qui entourait la préparation des gâteaux de l’Aïd. Aussi, c’est avec plaisir qu’elle mettait les mains à la pâte. N’ayant pas réussi ses études, elle se marie. La maison, les enfants, finissent par l’entrainer dans une routine qui la déprime. Que faire pour occuper son temps, maintenant que les enfants ont plus ou moins grandi ? Lui vient alors l’idée de faire des gâteaux « maison » pour meubler son temps et -pourquoi pas- mettre un peu de beurre dans les épinards.

« Je n’ai pas commencé avec les gâteaux mais plutôt avec les diouls. J’ai appris à les faire avec une amie puis, je me suis lancée durant le Ramadhan. Cela marchait tellement bien que j’en faisais même durant le reste de l’année où des restaurants venaient passer commande. Mais j’ai dû ralentir la cadence car cela me fatiguait trop. En plus, c’était assez routinier et ce n’est pas ça que je cherchais. Je me suis alors tournée vers la pâtisserie traditionnelle ou orientale. Inutile de vous dire que j’y prends un réel plaisir. C’est vrai que c’est aussi fatiguant mais je considère que c’est un travail créatif. On cherche à chaque fois de nouveaux modèles, on laisse libre cours à notre imagination et ça rapporte plus ».

Concernant les prix pratiqués, Naïma nous dira que cela dépend du coût des ingrédients qui subissent souvent les fluctuations du marché mais il faut compter 35 à 40 dinars pour les gâteaux aux cacahuètes, 50 à 60 dinars avec des amendes et 25 dinars pour les petits fours et sablés à la confiture ou au chocolat.

Farida, 42 ans, est célibataire. Après avoir travaillé pendant des années dans une boîte de communication, elle décide de quitter car le salaire qu’elle percevait n’était pas intéressant. Passionnée de cuisine mais surtout de gâteaux, elle décide d’en faire son métier. « J’ai toujours adoré cuisiner. C’est ma passion et il faut dire que je me débrouille bien mais j’ai un faible pour la pâtisserie. Lorsque je travaillais, j’en faisais pendant l’Aïd ou les autres occasions mais c’était juste quelques pièces pour la famille. Lorsque j’ai démissionné, j’ai longtemps cherché un autre travail mais je n’ai pas trouvé ce que je cherchais. J’ai alors pensé à la confection de gâteaux traditionnels sur commande. J’avais dans le quartier une assez bonne réputation dans le domaine notamment auprès des voisines qui avaient déjà goûté à mes réalisations. J’ai donc fait discrètement circulé l’information et j’ai immédiatement enregistré mes premières commandes. J’ai en parallèle renforcé mes connaissances avec une formation au sein d’un CFPA, j’ai encore appris beaucoup de choses et depuis maintenant 3 ans, ça marche plutôt bien pour moi. Je suis d’ailleurs en train de chercher un local pour pouvoir travailler de façon légale. Je veux recruter des jeunes femmes pour m’aider et étendre mon activité. Je vois désormais grand ».

Sarah est étudiante mais elle adore faire des gâteaux. Si elle n’a pas le temps de s’y consacrer pleinement, en revanche, durant les vacances estivales, elle prend quelques commandes pour se faire un peu d’argent et s’acheter ce qu’elle veut avec. « J’ai été encouragée par mon entourage qui trouve mes gâteaux beaux et bons. Je fais donc surtout de la pâtisserie traditionnelle, comme le tcharak mssaker, makrout, aârayech ou baklawa qui sont les plus demandés. Mais il m’arrive aussi de faire des petits fours et sablés qui marchent aussi beaucoup ".

Si beaucoup de femmes ont hérité leur savoir-faire de leur mère ou ont développé leur propre expérience dans le domaine en consultant des livres, en regardant des émissions culinaires à la télévision ou en surfant sur des blogs de cuisine sur Internet, d’autres ont suivi des formations au sein d’écoles de formation étatiques ou privées.

Parmi ces écoles, certaines ont réussi au fil des années à se forger une bonne réputation, attirant chaque année un nombre considérable de nouvelles recrues.

Formations en pâtisserie

De nombreuses formations sont dispensées au niveau national, certaines gratuites (centres de formation), d’autres payantes (écoles privées). Au niveau de Cible école, un établissement privé, la formation d’un CAP en pâtisserie est de 18 mois, une formation courte est de 6 mois et il faut compter 3 mois pour une formation en pâtisserie algérienne.

Outre les instituts ou les écoles privées, certaines pâtissières chevronnées, à l’image de Mme Bouayad, Benberim, Boucherite,…ont ouvert leurs propres écoles où elles dispensent leur savoir-faire à des jeunes filles et des femmes désireuses d’apprendre ou de parfaire leur don en matière de cuisine ou de pâtisserie.

Kamir B.




Source : KHERDJA