Découvrir algerielle en version

Algérielle en Arabe

Algérielle en Arabe | lundi 20 septembre 2021

Pas encore membre d'algérielle ? |
Connexion
Accueil Buzz/actu Abdelkader et Ikram se déchirent sur la toile : histoire privée devenue publique

ROOT > Buzz/actu

Publié mercredi 3 août 2016 14:09 1815 Lectures

Abdelkader et Ikram se déchirent sur la toile : histoire privée devenue publique

Imprimer

« Trahi » par son épouse, il raconte son histoire sur Youtube, avec informations personnelles et photos privées à l’appui. Une histoire sordide qui sera happée par la toile. 

 

C’est une histoire de couple qui aurait pu, comme tant d’autres, se terminer par une séparation devant le juge, sans bruit ni fracas. Mais Abdelkader, le mari « éploré » en a décidé autrement. Il a choisi de partager ses déboires conjugaux sur la toile pour, dit-il, mettre en garde les jeunes contre les diablesses qui se cachent derrière des visages d’ange !!!


Genèse des faits. Citoyen américain d’origine algérienne, Abdelkader veut se marier. Dans sa conception, l’épouse idéale doit être voilée, pieuse et issue du bled. Il va la trouver via la plateforme vidéo youtube. Cette fille y fait une apparition à la télévision où elle fond en larmes lorsqu'on lui demande ce qu'elle aurait dit au Prophète Mohamed QSSSL s'il était parmi nous. Abdelkader est conquis. Se débrouillant pour avoir son identité, -il se trouve qu’ils sont tous deux natifs d’Oran- Abdelkader demande la main de la jeune fille âgée de 19 ans qui accepte sans hésitation. Le jeune couple part au Etats-Unis. Voyage de noces, découverte de l’Amérique. La jeune fille finit par enlever le foulard avec le consentement de son mari. Mais après un an et demi de vie commune, Ikram quitte son mari alors qu’il se trouve en Algérie en emportant, selon ses dires, argent, bijoux et autres objets de valeur. Abdelkader se dit trahi quant à Ikram, elle l’accuse de plusieurs faits graves et obtient une injonction du tribunal.


Dérive sans précédent
Abdelkader décide alors de raconter « son » histoire sur Youtube. Il diffuse une vidéo de 14 minutes où il n’hésite pas à publier les noms et photos privées de sa femme et de toute sa famille. Dix minutes seulement après avoir été partagée, la vidéo en question a été vue par plus de 20 000 internautes. Et depuis le 30 juillet 2016, date de la diffusion, elle a été visionnée plus de 600 000 fois. Dès lors, Ikram est vouée aux gémonies et l’honneur de sa famille traîné dans la boue.


Des télés privées s’emparent du sujet
Face à l’engouement malsain d’une certaine opinion publique, pour une histoire personnelle qui aurait dû demeurer privée, certaines chaînes de télévision privées n’ont pas hésité à consacrer des temps d’antenne, en organisant des débats autour de l’histoire de Abdelkader et Ikram, invitant imams et avocats sur le plateau.


Ikram maudite sur FB
Dès la diffusion de cette vidéo, les réactions des internautes sur les réseaux sociaux ne se font pas attendre. Sans savoir le fin mot de l’histoire, ni même attendre l’autre son de cloche, Ikram est traitée de tous les noms, insultée, méprisée, dénigrée. Mais celle-ci promet de s’expliquer et les curieux…patientent. C’est le feuilleton de l’été !


Respect de la vie privée
Internet en général et les réseaux sociaux, en particulier, sont un formidable outil de partage à l’échelle planétaire. Mais l’utilisation de la toile amène parfois à la violation de droits fondamentaux comme le droit à la vie privée.
Aux États-Unis, où est actuellement installé le couple, la notion de violation de la vie privée n’est pas clairement définie. Cependant, les juges ont qualifié un certain nombre de comportements d’atteintes au droit au respect de la vie privée : l’intrusion déraisonnable dans l’intimité d’autrui, l’appropriation du nom ou de l’apparence d’autrui, la divulgation d’éléments donnant une idée fausse d’une personne et la publicité déraisonnable donnée à la vie privée d’une personne. Dans le cas, où les faits sont avérés, les peines prononcées varient en fonction des différents Etats.


Par contre, en Algérie, la loi est claire. L’Art. 303 bis stipule : « Est puni d'un emprisonnement de six (6) mois à trois (3) ans et d'une amende de cinquante mille (50.000) DA à trois cent mille (300.000) DA, quiconque, au moyen d'un procédé quelconque, porte volontairement atteinte à l'intimité de la vie privée d'autrui :


1 - en captant, enregistrant ou transmettant sans l'autorisation ou le consentement de leur auteur, des communications, des paroles prononcées à titre privé ou confidentiel.


2 - en prenant, enregistrant ou transmettant sans l'autorisation ou le consentement de celle-ci, l'image d'une personne se trouvant dans un lieu privé. La tentative du délit prévu par le présent article est punie des mêmes peines que l'infraction consommée. Le pardon de la victime met fin aux poursuites pénales. (1) ».


« Art. 303 bis 1. - Est punie des peines prévues à l'article précédent toute personne qui conserve, porte ou laisse porter à la connaissance du public ou d'un tiers ou utilise de quelque manière que ce soit, tout enregistrement, image ou document obtenu, à l'aide de l'un des actes prévus par l'article 303 bis de la présente loi. Si le délit prévu à l'alinéa précédent est commis par voie de presse, les dispositions particulières prévues par les lois y afférentes pour déterminer les personnes responsables sont applicables. La tentative du délit prévu par le présent article est punie des mêmes peines que l'infraction consommée. Le pardon de la victime met fin aux poursuites pénales. (2) ».


« Art. 303 bis 2. - En cas de condamnation pour les infractions visées aux articles 303 bis et 303 bis 1, le tribunal peut prononcer la privation d'un ou plusieurs des droits prévus à l'article 9 bis1 pour une durée n'excédant pas cinq (5) ans ; comme il peut ordonner la publication du jugement de condamnation selon les modalités prévues à l'article 18 de la présente loi. La confiscation des objets ayant servi à la commission de l'infraction est toujours prononcée. (3) ».


Kamir B.