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Publié samedi 5 avril 2014 19:07 3368 Lectures

Entretien avec Hassiba Abderaouf : « Je dois une grande part de ma réussite à ma mère »

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Hassiba Abderaouf est une figure emblématique de la scène algéroise. Dans cet entretien accordé à Algerielle, elle partage avec les mélomanes et les fans de musique algéroise son expérience de chanteuse et les moments inoubliables passés aux côtés de sa maman qu’elle a accompagnée, lors des cérémonies de mariage, alors qu’elle avait à peine 14 ans.

Algerielle : vous êtes une artiste connue mais pour les lectrices d'Algerielle, pouvez-vous revenir sur votre parcours ?

Hassiba Abderaouf : J’ai commencé à chanter très tôt, lorsque j’étais à l’école Victor Hugo et l’école maternelle Amirouche à Hussein-Dey. A cette époque, je récitais des mahfoudat (poèmes) et anachids (chants patriotiques) car j’étais une très bonne élève et j’avais de grandes capacités de mémorisation. J’ai appris la musique à la maison grâce à ma famille. Nous organisions des qaâdate avec ma sœur et mon frère qui jouait au mandole. C’est depuis, que j’ai commencé à goûter à la musique. Remarquant mon grand intérêt, ma mère que Dieu ait son âme, me promit alors de m’acheter un synthétiseur si je décrochais mon examen de 6e. Plus tard, je me suis rapprochée de l’école de Skandrani et c’est auprès du maître que j’ai appris les bases de la musique.  

Vous avez baigné, dès votre jeune âge, dans un milieu artistique, votre maman était, elle-même, artiste. Est-ce cela qui vous a poussé à suivre la même voie ?

J’ai appris beaucoup de choses en accompagnant ma mère lors des fêtes de mariage et autres  cérémonies familiales qu’elle animait, ma mère me voyait toujours devenir artiste puisque j’avais de l’ambition pour l’être un jour. En fait, j’aime la musique dans ses différents styles et je dirai que chaque style me permet d’avancer encore et de découvrir mes propres tendances artistiques. Quant à la beauté de la musique algéroise, elle m’a incitée à vouloir en apprendre davantage. Je tiens également à dire que j’ai été initiée au piano par mon frère que j’ai accompagné en diverses occasions alors que j’avais 7 ans.

Est-ce que cela vous a aidée à percer dans votre carrière?

Accompagner ma défunte mère lors des fêtes de mariage, dès l’âge de 14 ans, m’a réellement  incitée à devenir artiste et je dois à ma mère une grande part de ma réussite car elle m’a permis de percer dans ce domaine en animant avec elle les fêtes d’antan sur les terrasses (stah). Par ailleurs, ma mère avait des liens amicaux et artistique avec la famille Ababsa ou la chanteuse Salwa, tout cela m’a permis aussi de m’abreuver aux sources du son, des paroles et de la musique de notre riche patrimoine. J’ai joué du synthétiseur au sein de  l’orchestre de ma mère et j’ai commencé ma carrière dans le style Hawzi car ma voix s’y prêtais bien.

Vous reprenez beaucoup les chansons de la regrettée diva Fadéla Dziria. Son style vous a-t-il influencée ?

C’est vrai (rires) ! Vous savez, en accompagnant ma mère, elle m’a fait découvrir le style de cette grande dame de la chanson algérienne dont elle était très proche. J’ai donc été influencée par son style.

A l’époque, n’avez-vous pas pensé à prendre à l’émission « Alhan oua chabab » ?


A cette époque, je voulais, en effet, participer à cette émission mais je ne l’ai pas fait vu que ma famille est conservatrice et mes oncles étaient contre la femme qui chante. A 18 ans, je me suis mariée et cette émission est restée pour moi comme un rêve non réalisé.

Vous avez, à votre actif, plusieurs albums à succès mais dans l'un d’eux, vous avez repris des chansons de la grande dame de la chanson kabyle, Chérifa qui nous a quittés dernièrement. Pourquoi ce choix ?


L’idée de la reprise de la chanson de khalti Cherifa Allah Yarhamha m’est venue lors de ma  participation à l’émission « Saraha Raha » avec le chanteur kabyle Mohamed Allaoua. Tayeb, l’animateur m’a proposé de lui déclamer un « achwiq » de Chérifa ce que je l’ai fait. Le chanteur Mohamed Allaoua a été impressionné par ma voix en interprétant du kabyle et c’est lui qui m’a conseillé de chanter en kabyle. Après l’émission et en rencontrant mon public, ce dernier m’a suggéré, à son tour, de faire une reprise de la chanteuse Cherifa et c’est donc ce que j’ai fait, pour leur faire plaisir.

Une dernière question, un peu plus personnelle, si vous le permettez. Vous êtes maman de quatre enfants, comment arrivez-vous à concilier votre métier et votre vie de famille ?


Vous savez c’est une question d’organisation. Je gère ma famille et mon travail et je ne trouve aucun inconvénient. C’est vrai que la musique est une chose très importante dans ma vie mais mes enfants aussi le sont. Je remercie Dieu de m’avoir donné la force de gérer ma grande famille après la perte de ma mère et de ma sœur. Je fais le travail de la maison, je veille au bien-être de ma famille et de mes enfants et je donne tout ce que j’ai pour mon métier. J’anime, actuellement, des fêtes de mariage mais je dois dire que j’ai diminué un peu les soirées pour préserver ma santé.

Entretien réalisé par
Kamir B.